L’auteur, Montréalais
d’origine haïtienne, diplômé en Sciences
de la Communication de l’Université de Montréal,
signale ici que la pénurie de logements en Haïti est
si grave que même les Haïtiens de la diaspora, généralement
plus fortunés, qui voudraient rentrer au pays ou s’y
rendre en visite, ne peuvent y trouver un gîte convenable.
CRISE DOMICILIAIRE EN HAÏTI
À
la suite du récent voyage en Haïti du Premier Ministre
du Canada le Très Honorable Paul Martin au mois de novembre
2004, de nombreux Haïtiens de la diaspora se proposent de rentrer
dans leur pays d’origine où, entre autres, les possibilités
d’habitations confortables ne manquent pas de faire défaut.
Mais on s’attend à ce que cette crise domiciliaire
devienne encore plus préoccupante au fur et à mesure
que la stabilité politique en Haïti s’installera
et que des vagues plus importantes d’Haïtiens en moyens
et de touristes nord-américains afflueront vers ce pays.
Sans tomber dans un optimisme béat concernant
l’éventualité prochaine d’un durable climat
social, économique et politique sain, le marché domiciliaire,
qui n’est guère négligeable, mérite dès
à présent quelque attention.
Marché insatisfait
Certes, Haïti est connue comme l’un
des pays les plus pauvres de l’hémisphère. La
grande majorité de la population ne peut donc guère
espérer à court ou à moyen terme se loger décemment.
Il existe cependant une importante clientèle pourvue suffisamment
de moyens financiers mais qui ne trouve pas encore réponse
à ses besoins domiciliaires. Il s’agit tout d’abord
des Haïtiens professionnels, de la diaspora, qui reviennent
au pays pour y demeurer d’une manière permanente ainsi
que ceux qui y passent, annuellement, leurs vacances en famille.
Nous savons également qu’une masse potentielle de touristes
nord-américains et principalement québécois
n’attend que la situation soit propice pour jouir des plages
ensoleillées de cette région des Caraïbes.
Concernant les Haïtiens professionnels,
membres de la diaspora, qui
reviennent au pays épisodiquement ou qui s’y réinstallent
avec leurs familles, leur style de vie, auquel ils se sont habitués
durant leur long séjour à l’étranger,
crée en eux des besoins d’un type de logement qu’ils
ne peuvent actuellement retrouver en Haïti. Quant aux touristes
nord-américains, l’infrastructure hôtelière
encore très insatisfaisante se trouve aggravée par
l’absence complète de logements de plus en plus en
demande par les vacanciers en famille : le condominium.
Ce type de logement,
le condo, est également très prisé par la clientèle
haïtienne. Il répond aux besoins de qualité de
vie recherchée par les familles haïtiennes souvent nombreuses
venant pour leurs vacances mais pouvant difficilement demeurer soit
chez des parents, dont les logements sont généralement
très exigus, soit dans les rares demeures disponibles dont
le confort laisse à désirer. Il correspond aussi à
ce que veulent les familles désireuses de se fixer
dans le pays. Les habitations traditionnellement construites par
les promoteurs locaux non seulement sont loin de s’adapter
au style de vie de cette clientèle mais, aussi, elles
se font avec une lenteur et une insécurité angoissantes.
D’une manière générale,
les Haïtiens de la diaspora aspirent, comme tous les Nord-américains,
à des habitations dont l’espace est bien aménagé
et se situant de préférence à proximité
de la mer. Ce que le condo offre. Et le Canada a déjà
fait ses preuves dans ce domaine.
Les atouts du Canada
Dans
le domaine du condo construit sur les rivages tropicaux, des succès
canadiens ont, depuis quelques années, été
enregistrés. Le cas de constructeurs montréalais est
très significatif. L’un d’eux, le Groupe
Lépine, a à son actif tout un complexe
de condominiums sur les plages de la Floride. Connu au Québec
surtout pour ses pyramides du Village Olympique, pour son Sanctuaire du Mont-Royal, son Sir
Robert Peel et son récent « 1200
Ouest de Maisonneuve », à Montréal,
sa Tour Laurier à Ottawa… il a été
comme bien d’autres à l’avant-garde de ce secteur
où des constructeurs canadiens l’ont suivi, ses réalisations
ayant porté leurs fruits.
Il n’est donc pas exclu que, une fois
venue la stabilité politique en Haïti, des promoteurs
de cette catégorie s’intéressent aux attentes
dans ce pays en matière de condominiums. L’expertise
canadienne dans ce domaine n’est plus à démontrer
et les capitaux sont loin d’être absents. De plus, le
marché ne manquera pas certainement d’être fort
lucratif d’autant que la formule du condo n’est pas
encore vraiment implantée en Haïti.
D’autres atouts viennent militer en faveur
des promoteurs Québécois : l’image de marque
du Canada comme elle vient d’être soulignée là-bas,
l’appartenance d’Haïti à la francophonie
et la forte concentration des Haïtiens au Québec.

Du côté d’Haïti, les
merveilleux sites prêts à accueillir l’implantation
de tels projets sont encore très nombreux. Il suffit de songer
à l’Anse d’Azur à Jérémie,
à Kyona non loin de Port-au-Prince
ou, vers « Montrouis » près
de Saint-Marc, à cette magnifique plage de sable blanc où
la mer si limpide et si calme au soleil s’appelle Amani-y-les
bains ! La main-d’œuvre, de plus, y est
bon marché dans cette « Taïwan des
Caraïbes », et une clientèle locale
sera sans nul doute intéressée à ce type d’habitation,
le condominium. En échange, Haïti pourra hériter
de complexes domiciliaires qui répondent adéquatement
aux besoins tant des touristes que des Haïtiens. Des gens du
pays pourront éventuellement, aussi, bénéficier
d’une formation technique dan ce secteur.

Il apparaît donc clairement qu’il
existe une demande accrue de condos en Haïti qui n’attend
qu’à être satisfaite une fois la stabilité
politique instaurée. Le Canada semble être le mieux
placé pour répondre à un tel besoin à
condition qu’il ne demeure pas éternellement dans une
attitude attentiste alors que la compétition internationale
se fait de plus en plus pressante. Dans ce domaine, plus que nulle
part ailleurs, la coopération canado – haïtienne
ne manquera pas d’être fructueuse
pour les deux partenaires.








Courtoisie du président René
G. Lépine
Photos : Lucien Bonnet
Site Web du Groupe Lépine : www.groupelepine.com
TEMPÊTE DE VERGLAS
LETTRE AU PREMIER MINISTRE DU QUÉBEC
MONSIEUR LUCIEN BOUCHARD
Montréal, le 21 janvier 1998
Honorable Lucien Bouchard
Premier Ministre du Québec
Édifice Hydro-Québec
75, boulevard René Lévesque Ouest
Montréal (Québec)
H2Z 1A4
Monsieur
le Premier Ministre,
« C’est dans l’adversité »,
j’allais dire dans « l’obscurité »,
qu’on reconnaît les vrais amis.
Dans cette épreuve nationale due au
manque d’électricité par suite des intempéries,
chacun de nous, au Québec comme ailleurs, reconnaît
en vous l’Homme d’État, l’ami très
sensible aux besoins du Peuple Québécois.
Solidaires entre nous dans cette pénurie,
nous sommes aussi solidaires de votre énergie, de votre volonté
de bâtir et de rebâtir.
Énergie des Années 60 éprouvée,
en bute aujourd’hui à « la
crise du verglas », que nous réserve dans
ce domaine la Science au carrefour
du troisième millénaire ?
À chacun, selon ses moyens, de manifester
sa solidarité.
Ma contribution, apparemment futuriste, réfère,
Monsieur le Premier Ministre, à une source inépuisable
d’énergie qu’il s’agit maintenant d’apprivoiser.
Dans un livre à tirage limité,
traduit en anglais pour les besoins de la cause, intitulé
« BILL A RI And There Was
Light » adressé au cours de la dernière
campagne électorale américaine au Président
Bill Clinton qui en accusa réception, j’ai osé
aborder ce sujet.
Une seconde copie de ce manuscrit est parvenue
au 24 Sussex à Ottawa, destinée au premier Ministre
du Canada, la veille de la visite du Très Honorable Jean
Chrétien à la maison Blanche.
Quant à la version originale française
intitulée alors « Haïti !
Que la lumière soit ! », elle a été
remise de la main à la main par les soins de l’ambassadeur
canadien à Port-au-Prince, Monsieur Hubert Feuillé,
au Président Jean Bertrand Aristide.
C’est vous dire, Monsieur le Premier Ministre,
que dans les circonstances exceptionnelles que vit le Québec
aujourd’hui sur le plan de l’énergie, toute exploration,
à moyen ou à long terme, par l’expertise d’Hydro-Québec,
d’une source additionnelle d’énergie à
la fois sécurisante et rentable, ne serait pas à dédaigner.
Le Président Directeur Général de la Société
Hydro-Québec qui vous seconde si admirablement, vous secondera
encore davantage, je l’espère, dans cette nouvelle
perspective.
Dans ma lettre au Président Bill Clinton
comme dans celle à votre homologue fédéral
Monsieur Jean Chrétien, j’ai évoqué,
à leur égard, cette perspective. Bien malin qui saurait,
face à cette possibilité, qui de l’un ou de
l’autre voudrait s’en prévaloir le premier.
Rien de sorcier dans tout ça, Monsieur
le Premier Ministre. En dépit de mon ascendance haïtienne
et de mes précautions oratoires. Il en est sans doute ainsi
quand il faut forcer un tabou. Un tabou de taille, Monsieur le Premier
Ministre, je vous l’avoue. Un tabou « scientifique ».
Comme il s’en trouve rarement.
Pourquoi fallait-il que cela m’arrive
à moi, comme ça, comme une tempête de glace,
caméra à la main, en pleine obscurité ? — « Le
tabou se présente comme un impératif catégorique
négatif » — affirme Roger Caillois.
Ce n’est pas peu dire. Surtout lorsqu’il s’agit
de corriger adéquatement la théorie de Newton sur
la lumière et les couleurs.
Quelle besogne ingrate, quelle ironie, que sais-je
encore ? Et cela depuis plus de vingt-cinq ans. Mais à
l’aube du vingt et unième siècle, renverser
ce tabou, l’inverser devrais-je dire, quel atout !
Et s’estompent du même coup les multiples tabous qui
entourent un autre phénomène de la plus haute portée
scientifique, le phénomène bien connu sous l’appellation
abusive de « Trous Noirs »,
synthèse de la lumière et des couleurs. Car Newton,
de bonne foi sans doute à son époque, a vraiment inversé
l’interprétation du phénomène de la lumière.
Il a pris la partie pour le tout ! Tant et si bien qu’aujourd’hui
comme hier, le visible parait tellement plus séduisant. Des
physiciens le disent : « de quatre-vingt-dix à
quatre-vingt-dix-neuf pour cent de la matière de l’univers
est composée d’une matière noire, invisible,
qui engendre, propulse et entoure le visible, comme la mer entoure
les continents ». Des savants l’affirment, tel
Stephen Hawking. Le Télescope Hubble le confirme. Mais l’Optique
théorique ne bouge pas.
Mon intervention, ici, Monsieur le Premier Ministre,
voudrait dire ceci. Il est possible d’utiliser une autre forme
d’énergie. En décodant la Matière Noire.
Par l’expertise d’Hydro-Québec qui en a vu d’autres
et sait voir de toutes les couleurs. Sans jeu de mots. Théoriquement
d’abord. En renvoyant l’ascenseur à Newton. Car,
aujourd’hui, Hydro-Québec est au courant ! Pardonnez,
cette fois, ce tout petit jeu de mots, qui veut vous rendre hommage.
Pour l’Acte qui consiste à faire AMENDER LA LOI DE
NEWTON SUR LA LUMÌERE ET LES COULEURS.
Comment cesser aujourd’hui de prendre
l’effet pour la cause ?
— Objectivement et d’une manière
pragmatique, par une synthèse nouvelle ; dès
lors, quelle libération ! Au seuil du troisième
millénaire, que vive la lumière, invisible par synthèse,
visible par analyse !
« Synthèse
et analyse sont les deux ailes du même oiseau, le rythme cardiaque
de l’univers, apprivoisé dans l’infiniment petit
ayant une masse. Contractés et déployés successivement.
Au profit de l’humanité.
Un petit pas pour l’Homme, un pas de géant pour l’humanité »
disais-je à mon tour dans « BILL A RI et
voici la lumière… »
Malencontreuse tempête de glace, certes !
Versus éclairage ; versus vivifiante chaleur. Malencontreuse,
oui, mais combien opportune tempête, si j’ose dire,
qui nous invite à explorer d’autres avenues, d’autres
concepts et, partant, d’autres ressources jusque-là
négligées. Invitation à passer de l’invisible
au visible et vice versa. Mettant ainsi à profit la séquence
des vitesses lumineuses incolores et colorées. Pour mieux
comprendre l’Univers. Là où existent la Loi
et l’Ordre. Comme en Démocratie !
Formule énergétique à caractère
unique !
Au nom de la Science et de la Technologie, on
renverse la vapeur !
Formule gagnante. Au Québec. Par le Québec.
Par Hydro-Québec !
Quant au concept qui m’a permis d’effectuer
ces recherches, de tirer certaines conclusions et d’en proposer
ainsi l’application, permettez-moi, Monsieur le Premier Ministre,
malgré vos nombreuses obligations et préoccupations,
une petite et rapide digression.
1972. Un jeune avocat talentueux. Je le consulte
sur les droits d’auteur, la propriété intellectuelle,
la protection légale. Il recueille des données, s’enquiert
auprès de ses confrères, au Barreau. Des jours, des
mois se passent. J’appelle et je rappelle. Un an, deux ans.
J’insiste. J’exige, pour payer la note, d’obtenir
une réponse. Il propose, en privé, un rapport verbal.
Je lui dis l’importance que j’attache à un compte
rendu par écrit. Visiblement mal à l’aise, à
son corps défendant, il me remet, datée du 16 août
1974, une lettre ! Vous
êtes, Monsieur le Premier Ministre, le tout premier à
en recevoir aujourd’hui, ci-inclus, copie.
Quant au rapport
verbal mentionné dans la lettre que je vous adresse
aujourd’hui, c’était autour d’un verre
de bière — de la Brasserie bien connue MOLSON — je
m’en rappelle encore, que le jeune et talentueux avocat, bien
malgré lui mais en toute déférence et amitié,
me livra le verdict de ses aînés, ses confrères
du Barreau :
« Vous
êtes », disent-ils, « un
Noir
illuminé ! »
Feignant l’effet d’une certaine
euphorie que procure discrètement la fameuse bière
MOLSON, je lui dis d’un air à peine exalté mais
sincèrement heureux :
« Moi Lucien, du latin Lucianus
qui, de par la racine Lux, Lucis
et toute autre déclinaison me rappelle Fiat !,
alors Fiat Lux ! Levons
notre verre à ton Barreau et Que
la lumière soit ! »
« Un
Noir illuminé ! » lui dis-je encore,
soudain, « dans la blanche cérémonie où
la neige au vent se marie, dans ce pays de poudrerie… »
chanté par Gilles Vigneault,
quel spectacle !
Hommage à vous, Monsieur le Premier Ministre,
car aujourd’hui comme hier, dans le Pays chanté
par Gilles Vigneault, grâce
à vous, à vos collaborateurs, à tous les Québécois
et Québécoises, et au « Père »
qui a fait bâtir maison, « la
chambre d’amis, elle est belle ! »
Comment ne pas songer ici à René
Lévesque, un samedi de rencontre préréférendaire,
entouré du Docteur Camille
Laurin, du Docteur Denis Lazure,
du Père Jacques Couture,
de Gérald Godin de vénérée
mémoire, sans oublier l’ex-député Pierre
de Bellefeuille. Face à lui ce samedi-là, illuminé
par je ne sais quelle obscure clarté, je lui remis
de la main à la main un condensé sur ce sujet qu’il
m’est donné d’aborder avec vous aujourd’hui.
Une phrase en résumait le contenu. Il m’a promis de
lire le tout dans sa limousine, sur le trajet de retour de Montréal
à Québec. Le lendemain, soit le dimanche matin, j’ai
su qu’il l’avait lu.
À vous aujourd’hui, Monsieur le
premier Ministre, je redis cette phrase, vielle maintenant de plus
de vingt-cinq ans, mais toujours, selon moi, porteuse du même
message que je souhaite des plus positif pour les années
à venir, au troisième millénaire…
« À
l’échelle cosmique comme à l’échelle
terrestre, l’obscurité ou la noirceur fait partie intégrante,
sine qua non, du processus de la lumière et de la couleur ».
Fait-il
toujours plein jour
à l’ombre du soleil noir ?
Votre tout dévoué,
Lucien BONNET

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